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AccueilCOUPS DE CŒUR LIVRE

COUPS DE CŒUR LIVRE

 

Antonia (Gabriella Zalapì)

note: 5Journal d’une épouse délaissée Les bibliothécaires - 15 mars 2019

Palerme, 1965. Antonia est mariée et s’ennuie profondément, elle est seule et ne supporte plus la vie à deux .Son mari, un notable de la ville, est autoritaire et peu aimant. Elle a un fils qui est élevé par une nourrice exclusive. Suite au décès de sa grand-mère, elle tient un journal qu’elle étoffe de lettres, carnets et photographies. En dépouillant ces archives, elle reconstruit le puzzle du passé familial. Elle puise dans cette recherche la force nécessaire pour échapper à sa condition.
Roman d’une femme émancipée dans les années 1960,qui est rythmé de photographies tirées des archives familiales de Gabriella Zalapì, ce qui donne un caractère biographique à ce journal. D.S.

Contes ordinaires d'une société résignée (Ersin Karabulut)

note: 4Une anticipation poétique et acerbe Les bibliothécaires - 8 mars 2019

À travers quinze historiettes à l’imaginaire sombre et cynique, le dessinateur et satiriste turc Ersin Karabulut dépeint le quotidien d’une société contemporaine dans ses travers les plus troublants. Relevées d’une touche fantastique et surnaturelle, ces chroniques sociales de quelques planches suffisent à susciter le malaise (voire l’horreur ?) par des métaphores inquiétantes où la noirceur poétique le dispute à une satire glaçante et acerbe.
Entre le vieillard qui ne meurt jamais et vampirise ses proches, le fœtus dont on prédit la future carrière professionnelle dès l’échographie, les éruptions cutanées qui communiquent avec leurs hôtes ou encore ceux qui se couperaient volontiers bras et autres organes par amour, Karabulut évoque avec poésie et humour (noir, certes) une société du renoncement, minée par les carcans sociaux et complètement apathique. Drôlement effrayant : à découvrir si vous n’êtes pas trop déprimé ! Vv

La tour fantôme n° 1 (Taro Nogizaka)

note: 4À tour de rôle ! Les bibliothécaires - 8 mars 2019

L'histoire se déroule en 1954, dans la ville de Kobe au Japon.
La tour de l'horloge, aussi communément appelée Tour Fantôme, est l'un des endroits les plus effroyables de la ville. En effet le 23 Juin 1952, à 23h53 exactement, un horrible drame s'y est produit. Tatsu Fujiwa, une femme de 60 ans, a brutalement été assassinée par sa fille adoptive, Rika, âgée de 23 ans ! Depuis, deux ans se sont écoulés.

Taichi Amano, un jeune homme un peu perdu et vivant en marge de la société se retrouve par la force des choses à enquêter sur cette fameuse tour, le menant de rencontres en découvertes sordides.
Cette série alterne les genres de manière très fluide, passant du drame au policier, puis du mystère à l’horreur sans la moindre discordance. Les personnages sonnent vrai, chacun évoluant à sa propre manière opposant parfois son intérêt personnel à l’objectif du groupe. Ainsi ils vont tour à tour s’entraider, dissimuler des informations et mettre également en danger les autres.

L’ambiance générale rétro et délicieusement glauque ne sera pas au goût de tout le monde mais ce serait se passer d’une histoire prenante et SURprenante.
À noter tout de même la présence importante de violence (modérée certes mais tout de même) : La tour fantôme vise donc avant tout un Public Adulte et adolescent.
T. V.

Aux animaux la guerre (Nicolas Mathieu)

note: 5Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés… Les bibliothécaires - 15 février 2019

Le prix Goncourt 2018 a récompensé Nicolas Mathieu pour « Leurs enfants après eux ». Mais connaissez-vous son premier et précédent roman paru chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs, la fameuse collection de Stieg Larson et de Camilla Lackberg ?
Nicolas Mathieu nous livrait en 2014 un polar complexe enraciné dans le terroir vosgien fracassé par les licenciements économiques. Nous découvrions une palette de personnages bousculés, déclassés, aspirés par le quotidien dans lequel les « héros » étaient en équilibre entre le mal et le bien. Derrière l’esprit roman policier de cette fresque du quotidien pointait déjà le roman politique de la France « périphérique ». Nicolas Mathieu a adapté fin 2018 son roman en une série de très bonne facture pour la télévision. Y.G.

Botanicum (Katherine J. Willis)

note: 5Promenade végétale Les bibliothécaires - 15 février 2019

Entre herbier et cabinet de curiosités, ce livre invite à la déambulation planche après planche. Le lecteur y découvre la merveilleuse diversité que la Nature a à offrir au travers de somptueuses illustrations mises en valeur par le format de l’ouvrage. Et puis, les textes sont exigeants MAIS totalement abordables aux enfants. C’est le livre parfait à feuilleter avec les enfants pour (re)-découvrir le monde végétal complexe et fascinant. C.G.

Dans la forêt (Jean Hegland)

note: 5Séquoia le problème? Les bibliothécaires - 15 février 2019

Deux sœurs, Nell et Eva, vivent dans la demeure familiale au fin fond des bois à bien 50 kilomètres de toutes formes de civilisations tandis que le monde civilisé extérieur se meurt tel un feu de bois mal attisé.
Si vous êtes à la recherche d’une histoire pleine de bons sentiments, passez votre chemin : ce roman est un roller-coster émotionnel, alternant des moments de tendresse touchante avec des épisodes au désespoir certain.C’est comme-ci nous étions soumis au rythme des jongleries bigarrées d’un saltimbanque nous plongeant dans une espèce d’expectative angoissante.
Nous sommes ici les spectateurs de la vie des deux jeunes femmes livrées à elles-mêmes, tentant de vivre plutôt que de survivre.
Préparez-vous pour sa lecture car ce roman est une longue course en apnée où les moments de répit sont rares et fugaces. T.V.

Broadway Limited (Malika Ferdjoukh)

note: 4Swing Time Les bibliothécaires - 15 janvier 2019

Suite à une méprise linguistique et grâce à un bocal de soupe d’asperges, Jocelyn Brouillard, 17 ans, étudiant français en musicologie et fraîchement débarqué à New York, se retrouve logé à la pension Giboulées, exclusivement réservée aux jeunes filles.

On est en 1948 : tandis que le vieux continent se relève péniblement de la guerre, Jocelyn découvre une Amérique où le jazz et les paillettes explosent dans les clubs et les théâtres de Broadway, alors qu’en coulisses, la peur du « rouge » s’érige progressivement en chasse aux sorcières au sein du monde éclatant du show-business et des comédies musicales.

C’est bien peu de chose pour égratigner les rêves de Jocelyn et ses nouvelles camarades de pension, attachantes jeunes demoiselles téméraires et pétillantes, assoiffées de gloire et de justice, et qui s’imaginent volontiers au bras d’un Fred Astaire ou récoltant déjà les acclamations d’une Ginger Rogers. Mais derrière chaque rêve, se cache une blessure secrète, une quête personnelle dont chacune tente de venir à bout.

Alors que le roman s’insère à l’aube de la guerre froide, on s’amuse pourtant avec ces jeunes gens et on se prend à croire avec eux en un monde qui tournerait tout en musique et où les grandes vedettes d’hier et d’aujourd’hui feraient irruption dans nos vies avec la facilité d’un caméo d’Alfred Hitchcock. Ces filles du docteur March d’un nouveau genre, gardées par un dragon mélancolique et mélomane, n’ont pas fini de nous faire rêver… et danser. À lire avec les plus beaux morceaux de jazz en fond !
Vv

Les Amazones (Adrienne Mayor)

note: 4À la rencontre des Amazones Les bibliothécaires - 15 janvier 2019

Adrienne Mayor nous entraîne sur les traces des Amazones, ces guerrières fantasmées qui ont fait couler beaucoup d’encre (et de sang) et qui ont peuplé l’imaginaire de l’Antiquité occidentale. Dans les mythes des Grecs et des Romains, elles sont de redoutables combattantes, forcément belles et braves, à l’égal des plus grands héros grecs et des plus valeureux généraux romains. Mais c’est leur caractère mortifère et castrateur qui a fait leur renommée et les a définies comme les dignes adversaires de héros civilisateurs qui en triompheront toujours systématiquement (ou presque…).

En s’appuyant sur de récentes découvertes archéologiques et génétiques ainsi que sur l’analyse de différents artefacts antiques, Adrienne Mayor rectifie le tir et met à jour la réalité historique des Amazones. Elle nous montre qu’il n’y eut jamais de femmes mutilant leurs enfants mâles ni se coupant un sein pour mieux guerroyer. Il y eut en revanche des femmes combattantes, issues de peuples nomades (et mixtes !) qui auraient été les premiers à domestiquer les chevaux et qui parcoururent les environs de la Mer Noire et les steppes eurasiennes jusqu’en Inde et en Chine. L’historienne nous révèle ainsi ce qu’on sait de ces « Amazones » réelles et de leur mode de vie. Elles combattaient en effet à l’égal des hommes et on ne les identifia que récemment comme figurant parmi les guerriers dont on a retrouvé les tombeaux tout au long du XXème siècle dans les régions de la Mer Noire et de la Mer Caspienne, guerriers qu’on a longtemps crus être uniquement des hommes.

Mais loin de nous limiter au monde européen, l’historienne nous conduira aussi en Perse, en Arabie, en Lybie puis en Asie centrale et en Chine, à la découverte de civilisations qui avaient leurs propres histoires de femmes guerrières. Ces combattantes semblaient parfois ne pas faire figure d’exception mais constituaient bien la norme au sein de peuples dont le principal mode de vie était sans cesse soumis à la mobilité et l’indépendance. Et c’est peut-être ce qui, chez les Amazones, a autant fasciné et dérangé les Grecs : leur redoutable indépendance qu’ils voyaient refléter dans le rejet de la féminité classique, telle qu’elle était conçue par la société gréco-romaine.
Vv

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres (Emil Ferris)

note: 5Monstres et cie Les bibliothécaires - 15 décembre 2018

Remarquable première œuvre de la dessinatrice Emil Ferris, Moi ce que j’aime, c’est les monstres se présente à la fois comme le journal intime et le carnet à dessins d’une fillette de 10 ans. Karen Reyes vit avec une famille aimante mais pauvre dans le sous-sol d’un immeuble de Chicago dans les années 60. Fascinée par les monstres en tout genre, elle est malmenée à l’école mais laisse sa créativité se déployer dans son journal où elle se représente volontiers en loup-garou et reproduit (au stylo bille !) tableaux de maîtres et couvertures de pulp comics d’horreur.

Son journal devient un carnet d’enquête lorsqu’elle apprend l’inexplicable mort de sa sympathique mais mystérieuse voisine, Anka Silverberg, rescapée de la Shoah : persuadée qu’il ne s’agit pas d’un suicide comme le conclut la police, Karen se lance dans une enquête qui la mènera à s’interroger sur son entourage et sur elle-même, tout en lui faisant découvrir la jeunesse d’Anka dans l’Allemagne des années 30 et pendant la seconde guerre mondiale. Les deux récits s’entremêlent et abordent les problématiques sociales de l’Amérique des années 60, plongée dans la lutte pour les droits civiques.
Dense et prenant, ce premier tome est une véritable prouesse artistique et se conclut sur un cliffhanger qui annonce déjà une série d’envergure. À découvrir.
Vv

Hiver indien (Charlotte Bousquet)

note: 3Une douce histoire de Noël Les bibliothécaires - 15 décembre 2018

Hiver indien est une nouvelle collaboration de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini qui avaient déjà signé ensemble une série de BD pour ados (collection les Graphiques chez Gulf Stream). Cette fois-ci elles restent dans l’univers adolescent avec un roman graphique centré sur la musique.

Manon, 16 ans, est timide et peu sûre d’elle. Elle se remet difficilement d’un échec à une audition de piano dû au trac et à la pression de ses proches. L’adolescente trouve peu de réconfort auprès d’un père effacé qui ne la comprend pas et qui vit dans l’orbite d’une famille en apparence unie mais minée par les rivalités et les rancœurs.
Alors qu’elle s’apprête à les retrouver pour les fêtes de fin d’année, réapparaît dans leur vie Nadia, la marraine de Manon, qui s’était brouillée avec la famille pour avoir tout quitté afin de réaliser son rêve de devenir violoncelliste. Entre les deux femmes naîtra une complicité qui permettra à Manon de reprendre confiance en elle et de s’affirmer. Un sympathique roman graphique sur la transmission et les incertitudes de l’adolescence.
Vv

Princesse Kevin (Michaël Escoffier)

note: 5Quand les garçons voient aussi la vie en Rose… et pas qu’en bleu ! Les bibliothécaires - 10 novembre 2018

Les filles auraient le droit de se déguiser en cowboy ou en pirate, mais pour les garçons, interdit de porter une robe de princesse??!
Kevin est une princesse. Les autres peuvent bien rigoler, Kevin s’en moque. Kevin est une princesse, un point c’est tout. Sa sœur lui a prêté une robe, des chaussures à talon, quelques bijoux. Il a emprunté le maquillage de sa maman, et maintenant Kevin est une princesse. Il ne voit pas ce qu’il y a de mal à se déguiser ainsi. Quand on se déguise, c’est pour qu’on ne vous reconnaisse pas. Sinon, ça ne sert à rien de se déguiser. Et d’abord, qui a décrété que seules les filles pouvaient se déguiser en princesses ?

Sous l’effet « girly » assuré par sa couverture et ses illustrations roses fluo, l’auteur Michael Escoffier et l’illustrateur Roland Garrigue abordent avec humour le thème de la différence, de la tolérance et la liberté d’être soi que cela plaise ou pas.

Monsieur Fée (Morgane de Cadier)

note: 5un beau message pour les enfants sur la différence Les bibliothécaires - 10 novembre 2018

Ce qui attire dans cet album, c’est avant tout le titre et le petit éléphant grognon en robe.
Chouette vous dites-vous, un album sur la théorie du genre et bien… non pas tout à fait…
Certes Monsieur fée est (a priori) la seule fée masculine de la forêt, mais l’histoire ne tourne pas autour de ça, l’enjeu ici est surtout de démontrer que chacun possède ses propres forces et faiblesses et ce qu’y paraît inutile au premier coup d’œil peut finalement s’avérer indispensable.

Deux mots sur l’histoire, Monsieur fée faisant tout de travers décide de quitter la forêt et découvre par hasard une ville, tout y est gris, tout le monde y est triste. (Un peu comme Paris en gros). Il décide alors d’utiliser ses dons pour remettre de l’ordre dans tout ça, évidemment rien ne fonctionne comme il le voulait mais ce sont finalement les effets secondaires de sa magie qui ont le plus d’impact, redonnant aux habitants de la ville le sourire.

Un personnage attachant avec de savoureuses illustrations, un récit poétique et rempli d’optimisme. Un album qui vaut le coup qu’on s’y attarde.

Orages d'acier (Ernst Jünger)

note: 4Témoignage exceptionnel Les bibliothécaires - 9 octobre 2018

Dans ce livre, Ernst Jünger nous fait revivre la grande guerre de 14/18 sous la plume du jeune officier qu'il fut à cette époque.
Bien que ce soit le point de vue d'un Allemand, on est frappé par la similitude du vécu, des situations, avec les récits des écrivains français : mêmes villages, mêmes batailles dont la célèbre bataille de la Somme, mêmes tranchées, mêmes gaz, mêmes obus, mêmes morts atroces…
Un livre surprenant, qui vient sans doute de la distance qui nous sépare de 14-18, mais aussi par la forme de la narration de cet « Orages d'acier ».
En effet, il y a dans ce récit peu de peur perceptible: le ton est froid, les descriptions sans émotion ni sentiment. Des déluges de balles, d'obus, de massacres. Vers la fin du livre où l'on sent l'épuisement et la folie qui guettent.
Fascinant, par le courage et l'humanité de Jünger, qui n'a aucune animosité envers ceux d'en face, les soldats de l'autre camp (comme en témoignent ces scènes étonnantes de conversation avec des soldats anglais, par-dessus les tranchées, ou au moment de capturer des prisonniers).
Etonnants encore les moments de bonheur relatés dans ce livre... telles ces journées de lecture dans l'abri des tranchées.
Ce livre fait le pendant aux écrits de Maurice Genevoix (« Ceux de 14 ») puisque les deux auteurs se sont retrouvés sur les mêmes lieux de bataille presque au même moment.
Ainsi, un remarquable ouvrage de Bernard Maris verra le jour prochainement pour évoquer les destins croisés de ces deux écrivains-guerriers d'un autre siècle : "L'homme de guerre - M. Genevoix face à E. Jünger" … F.D.

Andersen (Nathalie Ferlut)

note: 5À l'Eventyr ! Les bibliothécaires - 6 octobre 2018

Il était une fois, le fils d’un pauvre cordonnier qui rêvait d’aventures et de gloire. Ainsi pourrait commencer, comme n’importe quel conte, le récit de la vie palpitante de Hans Christian Andersen, dont Nathalie Ferlut a tiré une biographie d’une grande poésie.

Mais loin de l’autobiographie enchantée où Andersen lui-même tentait de persuader le lecteur qu’il mena une existence digne d’un « conte de fées, riche et heureuse », ce roman graphique aborde de manière plus contrastée la vie et l’œuvre d’un conteur d’exception, personnage attachant et rêveur mais marginal et solitaire. En effet, si ses contes ont su charmer des générations entières d’enfants, ce grand mélancolique, pour qui l’imagination fut à la fois voyage et refuge, ne put jamais vraiment trouver sa place dans la bonne société danoise.

Ce sont donc bien les zones d’ombre du conteur qui sont dépeintes ici, aussi bien sa fragilité psychologique qu’une partie de son œuvre, romans, poèmes et pièces de théâtre à foison, méconnue du grand public. Les différentes étapes de sa vie défilent tels de petits contes enchanteurs, habillés de frises colorées, des personnages de papier dont il était friand et de riches enluminures qui font de ce livre un très bel objet graphique.
Pourquoi hésiter ? Suivez les pas du petit soldat de plomb et écoutez le chant de la fée : nul n’est jamais trop vieux pour se replonger dans la poésie et l’univers merveilleux et mélancolique d’Andersen !
Vv

Nous avons fait de notre mieux (Thi Bui)

note: 4Une biographie familiale poignante et poétique Les bibliothécaires - 6 octobre 2018

Thi Bui a trois ans lorsqu’elle arrive en Californie avec ses parents et ses frère et sœurs et n’a que peu de souvenirs de sa vie « d’avant ». Nous sommes en 1978 : après plusieurs années de misère, la famille Bui monte à bord d’une embarcation de fortune et quitte le Vietnam récemment réunifié pour échouer dans les camps de réfugiés de Malaisie, avant d’arriver aux États-Unis. Thi fait partie de cette première génération de boat people qui a grandi en Occident et qui constate la difficulté pour les anciens de concilier mode de vie à l’américaine et tradition ancestrale.
Mais ce n’est qu’une fois adulte que Thi entreprend de redécouvrir son histoire familiale afin de mieux comprendre ses parents, ce qui les a fait tels qu’ils sont et le silence qu’ils tirent sur plusieurs décennies de guerre : elle retracera ainsi leur enfance, sous l’Indochine encore française, et leur jeunesse marquée par l’instabilité politique et les premières guérillas jusqu’à la scission de leur pays natal sous l’égide des blocs occidental et soviétique.

Thi Bui livre la biographie à la fois poétique et poignante d’une famille en exil, confrontée au racisme et au déclassement mais qui à force de travail, est parvenue à se hisser parmi la middle class. Le traumatisme de l’exode et ses sacrifices font partie intégrante d’une histoire familiale dont hérite l’auteur, préoccupée par la constitution de sa propre identité, et de celle qu’elle laissera à ses propres enfants.
Vv

Les fleurs du mal n° Tome 1 (Shûzô Oshimi)

note: 5Mauvaises graines Les bibliothécaires - 21 septembre 2018

Amateurs de jolies rimes et d’alexandrins élégants et sophistiqués, veuillez passer votre chemin! Ne vous laissez pas abuser par le titre : nous parlons ici d’un manga paru en 2017 (pour la version française) qui n’a rien de poétique à priori. Oh non, ici on est plutôt dans le dur et le moche, Ces fleurs du mal ne sont pas là pour faire sourire et voir la vie en rose, mais pour faire grincer des dents et curieusement, c’est plaisant.
L’histoire prend place dans une ville de province banale, dans un collège banal. Le protagoniste, Takao, est un élève moyen et timide (en bref : banal) qui se sent à l’étroit dans son quotidien monotone. Pour y échapper, il se réfugie dans la lecture, tombe sous le charme du recueil Les fleurs du mal de Baudelaire, et l’ouvrage va vite devenir sa bouée de sauvetage, le moyen de se démarquer dans ce monde de grisaille où la normalité est de mise, où tout et tout le monde se ressemble.
Comme beaucoup d’adolescents de son école, il s’émerveille devant la belle Nanako (l’idole de sa classe voire même du collège). Se contentant d’ordinaire à l’observer de loin, il est un jour pris d’un coup de folie et dérobe les vêtements de sport de la demoiselle. Paniqué, il s’enfuit avec le fruit de son larcin. Manque de chance, Sawa, l’élément perturbateur du récit ET de la classe, le surprend et décide de le faire chanter, l’obligeant ainsi à effectuer les actes les plus fous et dégradants sous peine de se faire dénoncer.
Ce manga choque, brise les tabous. Il dépeint la déviance non pas comme un vice mais plutôt comme une bouffée d’oxygène, une espèce de libération.
Attention tout de même : ce manga s’adresse à un public adulte ET averti. Th. V.

Panthère (Brecht Evens)

note: 5"Un livre pour adulte qui se déguise en livre pour enfant" (B. Evens) Les bibliothécaires - 12 septembre 2018

On croirait ouvrir un album de conte pour enfant, avec les mille couleurs qui se déploient sur la couverture, mais quelque chose dans l’expression effacée de la fillette et celle, troublante, de la panthère, nous refroidit immédiatement.
Et on aura bien raison car tout de Panthère esquisse une progression du rêve merveilleux vers le cauchemar le plus glaçant. L’histoire s’ouvre sur le deuil que fait Christine, six ans, de la disparition de son chat. Son père l’élève seul depuis que sa mère a claqué la porte du foyer en menaçant de se suicider.

Dans son quotidien morne et solitaire, la fillette voit avec émerveillement surgir du dernier tiroir de sa commode– comme un diable de sa boîte – l’époustouflant et charismatique Panthère, prince de contes de fées haut en couleurs, héritier du royaume de Panthésia, beau parleur aux milles aventures et aux mille visages.

Si sa présence tient à première vue du merveilleux et a vite fait de réintroduire un peu de magie dans la vie de Christine, Panthère révèle rapidement au lecteur perplexe toute l’ambiguïté de son personnage. Tantôt confident rassurant, tantôt ami troublant, ses multiples masques en font un caméléon manipulateur et inquiétant que les couleurs, vives et éclatantes, ne rendent que plus attirant aux yeux de Christine.
Entre jeux d’ombres qui créent le malaise et parties de twister suggestives, l’ami dévoué de la petite fille change constamment de visage et de personnalité et se voudrait exclusif, l’isolant du reste du monde – et même de ses jouets favoris qui tentent, en vain, de la prévenir. Et le doute de s’emparer du lecteur qui s’interroge : réalité sinistre ou sombre sublimation d’un traumatisme ?
La relation presque fusionnelle du prédateur et de l’enfant est angoissante et atteint son sommet à la venue des amis de Panthère, nettement plus menaçants et qui, dénués de son charisme, ont bien du mal à dissimuler leurs véritables intentions…

Les couleurs chatoyantes utilisées par Brecht Evens et la féérie première instaurée par la venue de Panthère renvoient inévitablement cet album vers le livre pour enfant, ce qui ne fait qu’accentuer la sinistre réalité d’un huis-clos perturbant dont le lecteur est le spectateur muet. Les expressions changeantes de la panthère et les kaléidoscopes saturés de couleurs et de détails, vertigineux et chaotiques, entretiennent le sentiment de malaise tout au long des pages jusqu’à l’horreur la plus complète.
Une lecture glaçante.
Vv

Migrant (Eoin Colfer)

note: 3Pour une vie meilleure Les bibliothécaires - 11 septembre 2018

Migrant s’ouvre sur deux jeunes frères perdus en pleine Méditerranée, serrés avec quatorze autres migrants dans un minuscule bateau gonflable qui prend l’eau. Scénarisé par Eoin Colfer et Andrew Donkin, ce roman graphique suit le périple vers l’Europe d’un jeune orphelin ghanéen, Ebo. Depuis que leur sœur aînée a décidé de traverser la mer pour rejoindre l’Italie, Ebo et son grand frère Kwame attendent de ses nouvelles dans leur village natal. Mais lorsque Kwame part également sans prévenir, Ebo se lancera dans un long voyage dans l’espoir de retrouver sa famille.

Le récit revient ainsi sur tous les dangers et difficultés auxquels sont confrontés les migrants, bien avant la traversée de la Méditerranée sur des embarcations de fortune : sur le temps passé à accumuler les travaux ingrats et à économiser pour partir, sur la violence et la cupidité de passeurs parfois sans scrupules, en passant par les dangers de la traversée du désert en camion… Autant de périls qui constituent le quotidien de ces personnes à la recherche d’une vie meilleure.

Si les couleurs, douces et parfois même lumineuses, semblent peu se prêter à un sujet aussi grave, elles permettent de soutenir une narration menée sans aucun pathos, à l’image du personnage principal qui fait preuve d’un optimisme à toute épreuve.
Vv

Les nouvelles aventures du fäkir au pays d'Ikea (Romain Puértolas)

note: 5Embarquez pour un voyage insensé ! Bonne humeur et rires garantis ! Les bibliothécaires - 17 juillet 2018

Dans ce deuxième opus, notre fakir n'a désormais plus rien à voir avec l'Indien qui multipliait les galères en arrivant en France. Aujourd'hui, il vit dans un grand appartement parisien avec son épouse Marie Rivière.
Grâce aux énormes ventes du livre qui relatait ses pérégrinations, il s'est quelque peu embourgeoisé et a perdu toute authenticité, se complaisant dans le matérialisme.
Ajatashatru a perdu son inspiration. Il n’arrive pas à écrire son deuxième roman.
Un malheur n’arrivant jamais seul, le lit à 15000 clous, « Kisitrotsipik », disparaît du dernier catalogue Ikea. Le géant suédois des meubles en kit ayant en effet dû interrompre sa fabrication suite à diverses plaintes.
C'est ainsi qu' « Aja » part en Suède pour se retrouver, une sorte de pèlerinage, et pour rencontrer monsieur Ikea afin de lui demander de lui fabriquer un dernier modèle de lit à clous.
En parallèle à ce nouveau voyage, il sera également question de la jeunesse d'Aja, et plus précisément de la façon dont il est devenu fakir grâce à son maître Baba Orhom.
L’alternance des chapitres entre l’expédition en Suède et le retour sur le passé sombre auprès de son maître peut toutefois perturber le lecteur au début. Mais vous l'aurez compris, ce deuxième opus, c'est du grand n'importe quoi.
L'humour provoqué le plus souvent par le mélange des cultures françaises, suédoises et indiennes porte quand même ses fruits, même si l'histoire est totalement (et volontairement) rocambolesque et pleine d'improbables coïncidences.
Certes, si vous êtes un lecteur particulièrement exigeant, il vaut mieux s'abstenir mais si vous souhaitez juste passer un bon moment avec un roman facile à lire, rempli de péripéties loufoques, alors ces nouvelles pérégrinations vous satisferont. Il faut aimer l'humour délirant, la blague à deux balles comme les jeux de mots caustiques. Bonne humeur et rires garantis ! F.B.

Guerres (Timothy Findlery)

note: 5un roman atypique et poignant sur la « Der des Der » Les bibliothécaires - 17 juillet 2018

Présenté par l'éditeur comme une interrogation sur le sens de notre humanité, plutôt que comme un livre de guerre, ce troisième roman de l’écrivain canadien anglais Timothy Findley est tout à fait remarquable.
T. Findley nous conte, comme s'il l'avait lui-même vécue, l'histoire de Robert Ross, jeune canadien enrôlé dans la Première Guerre mondiale, une guerre absurde et meurtrière dans laquelle il est chargé de responsabilités auxquelles il n'était pas préparé. Lui, comme beaucoup d'autres, s'y est impliqué avec l’intime conviction que cette guerre devait mettre fin à toutes les autres.
Même lors des moments terribles, l’auteur ne s'attarde pas aux atrocités, ne décrit pas l'horreur mais plutôt la façon dont elle est vécue par les soldats.
Ce qui en fait un livre fort réside également dans la narration qui se développe sous forme de petits tableaux (le contexte familial autour de Robert Ross, la préparation militaire, la traversée de l’Atlantique…).
C’est grâce à l’exploitation d’un ensemble d'entretiens, d'extraits de journal intime, que T. Findley arrive à créer des images à partir de la mise en valeur de petits détails qui progressivement pourraient presque s’animer pour nourrir un film dans nos têtes…
La fin du roman est écrite avec beaucoup de style, assez dramatique mais avec un rythme enlevé.
Au final, ce livre, tellement atypique, ne se raconte pas ! Il se lit !

Sirius (Stéphane Servant)

note: 3Le grand voyage Les bibliothécaires - 17 juillet 2018

Ce roman s’adresse à ceux et celles qui souhaitent voyager sans sortir de chez eux. Les deux protagonistes vivent à l’écart de tout problème jusqu’au jour où ils se retrouvent contraints de prendre la route, traversant les vestiges de notre civilisation et confrontés à la folie et à la sauvagerie qui se sont emparées des habitants du « nouveau » monde.
Agréable à lire, les pages défilent et la fin arrive avant même que l’on s’en rendre compte… Les personnages y sont PRESQUE tous plaisants : sauf Kid, horripilant, avec qui vous n’avez pas fini de vous arracher les cheveux !
Pour peu que vous ne soyez pas malade en voiture, ce livre est le moyen idéal de passer le temps dans les embouteillages, avant d’atteindre les bords de plages. T.V.

The shadow hero (Gene Yang)

note: 3Tu seras un super-héros, mon fils Les bibliothécaires - 6 juillet 2018

Pour Hua, jeune immigrante chinoise dans les années 1920, le rêve américain a un goût amer : parquée dans le Chinatown d’une petite ville côtière des États-Unis, elle épouse un épicier local – Chinois lui aussi – à la réussite modeste. Elle mène une vie paisible (comprenez monotone) entre le commerce tenu par son mari et son fils adolescent et les maisons des quartiers nantis où elle passe chaque jour faire le ménage.
Jusqu’au jour où, témoin d’un hold-up, Hua est prise comme otage par un des braqueurs. C’est sans compter sur l’aide et l’efficacité de l’Ancre de la Justice, le super-héros local. Dès lors, pour la petite mère de famille, l’avenir est tout tracé : si elle n’est allée que de déception en résignation, son fils Hank, lui, deviendra un super-héros, elle y tient. Quitte à lui coudre elle-même son costume, l’aider à acquérir des super-pouvoirs ou l’emmener en voiture jusque sur les lieux du crime…

Ainsi deux jeunes auteurs font revivre un super-héros des années 40, dont les aventures (inachevées) et le visage (jamais dévoilé) sont tombés dans l’oubli. Et pour cause, en plein âge d’or des comics de super-héros – et en pleine Seconde Guerre mondiale – la Tortue Verte n’a pas su se démarquer de ses collègues surhumains défendant les États-Unis à grands renforts de liberté et de patriotisme. Elle protégeait cependant la Chine, alliée des Américains, contre les assauts de l’Empire japonais. Gene Luen Yang et Sonny Liew proposent un hommage moderne et hilarant au genre tout en soulevant la question de l’identité et de l’intégration de la communauté sino-américaine aux États-Unis.
Vv

L'art de lui faire l'amour à lui (Gérard Leleu)

note: 4A lire tête-bêche Les bibliothécaires - 4 juillet 2018

Un livre pour se mettre sans dessous-dessus...
Strictement réservé aux Gourmets de plus de 18 ans. LV

Pommes ! (Amandine Geers)

note: 4La Pomme Magique ! Les bibliothécaires - 4 juillet 2018

Newton, Ève, la déesse Iduun, Merlin, Pomono la Nymphe, Guillaume Tell, Magritte, Marseille ou les Beatles perpétuent sa Légende.
La pomme apparaît il y a plus d’une dizaine de millions d’années.
Il y a 3000 ans elle éclot dans les grands récits mythologiques.
Au Moyen Âge la pomme servait de base à la préparation d’onguents devenus « pommade ».
Sa conservation est optimale, elle se bonifie avec le temps. Elle recèle d’incroyables nutriments santé comme la vitamine C, de la quercétine qui est un polyphénol puissant et régénérant. Elle agit sur le cholestérol, le diabète, les cellules, la dentition … La pomme est rassasiante et détoxifiante. Découvrez la suite dans le livre…

Recette :
Gelée de pomme bio « anti-gaspi »
Préparation 15 min
Cuisson 1 heure
Conservation 1 an

Pour 4 à 5 petits pots
500 G d’épluchures, cœurs et pépins
80 cl d’eau
Le jus d’un citron non traité
Sucre blond (ou autre produit sucrant non colorant, pas de sucre complet) - 50% du poids de jus prélevé.

- Mettre les déchets de pommes dans une cocotte.
- Arroser de jus de citron, couvrir d’eau et cuire à feu doux sans remuer pendant 30 min.
- Filtrer le jus avec une passoire fine et le peser. Réserver la moitié du poids du jus en sucre
- Remettre le jus dans la cocotte, ajouter le sucre faire cuire 30 min à petit feu.
- Vérifier la gélification, verser le jus dans des pots stérilisés ou ébouillantés.
- Retourner les pots pour faire le vide d’air.

Accompagnement : Une belle brioche ou un Camembert de Normandie etc... LV.

Enghien-les-Bains (Sophie Cueille)

note: 5Pour les Journées du Patrimoine Les bibliothécaires - 4 juillet 2018

Pour un moment privilégié dans la ville créative d’Enghien-les-Bains, où la Mémoire commune est en partage et se fête, je vous propose deux très beaux livres qui vous accompagneront dans cette invitation à la promenade et autres petites flâneries paisibles. Ils sont abondamment illustrés et agrémentés de petits chapitres relatant quelques curiosités assez étonnantes (Châteaux discrets, gréement en Casino, architecture ambitieuse, décorations très stylisées, mondanités...) enfin, voici de quoi vous sublimer les yeux et l’imaginaire ! Du XIXe siècle à aujourd’hui, surprise et admiration s’impatientent de vous rencontrer. LV

Enghien-les-Bains (Louis-Léopold Gavelle)

note: 5L'art du partage Les bibliothécaires - 4 juillet 2018

Pour un moment privilégié dans la ville créative d’Enghien-les-Bains, où la Mémoire commune est en partage et se fête, je vous propose deux très beaux livres qui vous accompagneront dans cette invitation à la promenade et autres petites flâneries paisibles. Ils sont abondamment illustrés et agrémentés de petits chapitres relatant quelques curiosités assez étonnantes (Châteaux discrets, gréement en Casino, architecture ambitieuse, décorations très stylisées, mondanités...) enfin, voici de quoi vous sublimer les yeux et l’imaginaire ! Du XIXe siècle à aujourd’hui, surprise et admiration s’impatientent de vous rencontrer. LV

Dire au revoir (Gaëtan Roussel)

note: 5Poésie acidulée Les bibliothécaires - 4 juillet 2018


Gaëtan Roussel livre un recueil de nouvelles tout en poésie et en humour. Vingt nouvelles, de trois à quinze pages chacune sur un même thème : dire au revoir. Dans tous ces textes, flottent toujours le sens de la formule, l’humour délicat et la poésie doucement acidulée. On reconnait, même sans l'entendre, la voix particulièrement intense et déchirante de l’auteur de par sa façon de rythmer ses phrases, d’agencer des jeux de mots simples et recherchés, de jouer astucieusement sur les répétitions introduisant au final une belle sensibilité et une certaine nostalgie.
Ainsi, on savoure les instants « Des bouquets sans fleurs », de « La rupture », du « Zéro cachemire, une rencontre »… Il y a aussi « Un même jour », « La maladie » et surtout « Ma Camille ». Jolie petite nouvelle d’un homme en voyage qui finit par un au-revoir. Des « au-revoir » sans haine, sans drame, où les choses sont acceptées… ce qui fait aussi le charme particulier de ce recueil de nouvelles.

Les nuits de Reykjavik (Arnaldur Indrióason)

note: 3Nuits islandaises Les bibliothécaires - 4 juillet 2018

C'est un préquel (ou antépisode : œuvre littéraire dont l'histoire précède celle d'une œuvre antérieurement créée en se concentrant sur les événements se déroulant avant le récit original).

Ce roman pourrait s'appeler « Aux origines » car il correspond à la 1ère enquête du jeune policier Erlendur Sveinsson. Je trouve ce roman particulièrement réussi car :

- l’enquête nous montre le tournant dans la carrière du jeune policier (et son ascension) ainsi que l’évolution dans sa vie sentimentale puisque on en sait davantage sur les débuts de sa relation avec Halldora, celle qui deviendra sa femme et la mère de ses enfants.

- en plus de l'intrigue, l'auteur, Arnaldur Indridason, offre davantage qu'un roman policier, il nous dresse un portrait de la société islandaise des années 1970 en proie aux doutes (l'alcoolisme, la drogue, les violences conjugales…), décrite avec force et une certaine noirceur.

- l’enquête repose entièrement sur la minutie, l'analyse rigoureuse des faits et surtout, sur la personnalité et la psychologie de cet Erlendur nostalgique, solitaire et taiseux, secret, taciturne, voire asocial...

- de par certains aspects, dont le rythme, parfois les pesanteurs de l’enquête, la description du milieu social ou celle de l'atmosphère de Reykjavik, ce roman nous fait penser à G. Simenon et à son célèbre personnage du commissaire Maigret.

Le Prince et la Couturière (Jen Wang)

note: 4Frais et moderne Les bibliothécaires - 4 juillet 2018

La saison des bals bat son plein et les souverains du royaume de Belgique cherchent une épouse pour leur fils le prince Sébastien : une aubaine pour Francès, jeune couturière talentueuse qui espère se faire un nom dans le milieu en confectionnant les robes des prétendantes…
Mais ses créations originales attirent l’œil d’une cliente autrement plus inattendue : Sébastien lui-même, jeune prince sensible et maladroit écrasé par ses fonctions et qui ne se sent bien dans sa peau que lorsqu’il porte les robes les plus extravagantes !

Aidé de Francès, rapidement devenue son amie et sa complice, Sébastien devient la vedette des soirées mondaines sous les traits (et surtout dans les robes) de l’époustouflante et fictive lady Crystallia. Mais difficile de mener une telle double vie, surtout lorsqu’on est appelé à régner, d’autant que l’ambitieuse Francès ne se voit pas vivre pour toujours dans l’ombre du futur héritier sans réaliser ses propres rêves…

À travers ce conte d’une étonnante modernité, Jen Wang revisite les histoires à la Cendrillon et aborde avec finesse la question actuelle et sensible du genre, sans tomber dans la facilité ou les stéréotypes. Les personnages, adolescents attachants en quête d’identité, portent un scénario qui est une réelle bouffée d’oxygène et d’ouverture d’esprit. Entre l’animation et le manga, le dessin rond et mignon apporte beaucoup de douceur à l’histoire.

Et tant pis si certains reprocheront à cette bande dessinée la candeur de son propos et de son dénouement: c’est doux, c’est frais, c’est coloré, et parfois, les happy ends, ça fait du bien !
Vv.

Verdun n° 3 (Jean-Yves Le Naour)

note: 5Une histoire d’amour et de fidélité au nom de la justice et de l’honneur Les bibliothécaires - 4 juillet 2018

« Les fusillés de Fleury », c’est le tome 3 de la série « Verdun ». Cet opus a l’avantage de pouvoir être lu indépendamment des autres, ce qui permet de comprendre toute l’histoire sans avoir lu les deux premiers tomes.

Cette BD retrace l’histoire vraie de deux sous-officiers « fusillés pour l’exemple » lors de la Première Guerre mondiale, pour avoir fui le champ de bataille et l’enfer déchaîné de Verdun afin de sauver une trentaine de soldats français condamnés à une mort assurée et à la boucherie puisque cernés et isolés par l’ennemi. Exécutés sans jugement ni tribunal par leurs propres camarades soldats survivants de la boucherie, ils ont été accusés par leur hiérarchie militaire d’avoir « quitté le champ de bataille sans ordre, abandonnant la lutte »…

C’est le combat contre cette injustice que cette BD nous propose de vivre. L’histoire d’un combat de dix ans mené par Fernande Herduin afin de réhabiliter la mémoire de son mari.
Une belle BD montrant l’horreur de la Première Guerre mondiale ; un dessin soigné livré par Inaki Holgado et S. Bouet ; une reconstitution crédible et un personnage principal auquel on s’attache vite dans sa recherche obstinée de la vérité, dans sa reconquête folle de l’honneur perdu de son mari… ce qui fait, au final, la réussite de cette BD.

Enfin, la BD s’achève sur une invitation de l’auteur, J-Y Le Naour, au devoir de mémoire et à venir visiter les lieux où les fusillés de Fleury ont connu le supplice… à prendre « le petit chemin qui… vous amène… au village fantôme de Fleury-devant-Douaumont, village mort pour la France, dont il ne reste plus rien, pas même une pierre… ». Afin de ne pas (les) oublier… jamais.
F. D.

45 vérités sur les chats (Bruno Gibert)

note: 5les chats sont ici passés au crible! Les bibliothécaires - 27 juin 2018

Un album qui ravira enfants et adultes sur nos espiègles amis les chats!
L'auteur nous délivre avec humour, 45 dessins très graphiques et poétiques avec en dessous une vérité ( ou presque) sur nos sympathiques bêtes à moustache.

Nos yeux fermés (Akira Sasō)

note: 3L'amour, aveugle ? Les bibliothécaires - 26 juin 2018

Ichitaro est aveugle. Un jour, en ville, il se fait bousculer dans un escalator et il en laisse tomber sa canne blanche. Ce sera la première fois que son chemin croise celui de Chihaya qui, pressée, ne s'excusera même pas, ni ne l'aidera à récupérer sa canne. Comme souvent, elle était trop pressée...
Habitant tous les deux dans le même quartier, Ichitaro et Chihaya vont se recroiser. Lui, assez bavard, profitera, lors de leur seconde rencontre, de la gêne affichée par Chihaya pour imposer le rythme : il réussira à ce qu'elle accepte de faire un bout de chemin avec lui, puis un autre, un autre jour, et ainsi de suite. Jusqu'à ce qu'entre eux finisse par naître une certaine complicité...

Vous l’aurez compris le thème du jour c’est la tranche de vie (navré pour les amateurs de bastons et d’intrigues à vous triturer les méninges). D’un point de vue purement graphique, les dessins des personnages sont plutôt moyens et inégaux suivant les planches, mais l’ambiance et la beauté générale est largement rattraper par les environnements qui sont ultra maîtrisés. En bref, nous avons la chance de pouvoir nous servir de nos yeux, ils seraient fort dommage de ne pas lire ce petit one-shot franchement rafraîchissant et de passer à côté de ce petit bol d’air frais.
T. V.

Jamais (Bruno Duhamel)

note: 4. Les bibliothécaires - 26 juin 2018

Dans le paisible village normand de Troumesnil, le vent et la pluie grignotent à petit feu les falaises, menaçant de faire disparaître paysages et habitations. Le maire a réussi à faire évacuer tous les administrés inquiétés. Tous ? Non ! Madeleine, une irréductible nonagénaire, résiste encore et toujours à son transfert en maison de retraite et s’accroche vaillamment à ses souvenirs et à la maison que lui a construite son mari, disparu en mer. Mais lorsque l’érosion arrive sur le pas de sa porte, Madeleine, aveugle de naissance, sera bien contrainte de faire face au danger.
Duhamel réussit à faire d’un sujet délicat une bande dessinée sensible et drôle : il parvient, avec le sympathique et bouillonnant personnage de Madeleine, à évoquer des thèmes comme la mémoire et l’oubli, la perte d’un être cher ou encore tout simplement l’épreuve de la solitude sans verser dans le pathos. Une belle BD.
Vv

Et si l'amour c'était aimer ? (Fabcaro)

note: 5Amour, gloire et absurdité Les bibliothécaires - 2 mai 2018

Ne vous fiez pas à sa couverture jaune fade et ses dessins complètement statiques : cet album de Fabcaro est un véritable petit bijou d’absurdité ! Henri et Sandrine forment un couple heureux, mais leur idylle sans nuage va bientôt être troublée par la venue du ténébreux Michel…
À partir d’une reprise décalée des intrigues compliquées des soap-opera et autres feux de l’amour, Fabcaro nous fait enchaîner des situations toutes plus loufoques les unes que les autres. Le découpage, qui n’est pas sans rappeler celui des romans photos, les visages inexpressifs des personnages et leurs propos complètement décalés font de cet album un régal d’inepties, à la fois drôles et intelligentes. On en redemande !
Vv

Ceux qui restent (Josep Busquet)

note: 4Alerte, enfants perdus Les bibliothécaires - 2 mai 2018

Nous avons tous lu de ces histoires où des enfants partent en plein milieu de la nuit pour des contrées imaginaires dont ils deviennent les héros d’un jour. Le temps est en général passé plus lentement dans le monde réel et l’enfant revient pétri d’expérience quelques heures plus tard.
Mais que se passerait-il si, à l’inverse, le temps s’écoulait plus rapidement dans le monde réel ? C’est la question que se sont posé Joseph Busquet et Alex Xoül dans ce roman graphique aux couleurs douces qui ne présage en rien l’issue dramatique pour les proches de Ben, garçonnet énergique qu’une créature magique emmène une nuit pour sauver son royaume enchanté. Pour une fois, l’histoire ne suivra pas les aventures de l’enfant mais celles, bien moins réjouissantes, de « ceux qui restent », c’est-à-dire les parents de Ben.

Edward et Susan Hawkins découvrent un matin le lit de leur fils vide. Après avoir alerté la police, ils passeront par tous les moyens dans l’espoir de le retrouver : tracts, interviews télévisées, consultation de spécialistes… jusqu’à ce que Ben réapparaisse deux mois plus tard, en pleine santé, avec des objets magiques plein les poches et des histoires rocambolesques plein la tête… ainsi que l’intention de repartir le plus vite possible.
Réelle BD du désenchantement et de la désillusion, Ceux qui restent explore une facette originale des récits de notre enfance et décrit l’envers d’un rêve d’enfant qui a tout du cauchemar éveillé pour les parents : entre pression médiatique et soupçons des enquêteurs face aux multiples disparitions de leur fils, les tourments qui menacent les Hawkins se trouvent bien dans la réalité. Mais ils ne semblent pas les seuls à être dans cette situation…
Vv

Les mythes du Cthulhu (Howard Phillips Lovecraft)

note: 4Entre littérature et bande dessinée, les monstres sans visage sont bien là Les bibliothécaires - 18 avril 2018

Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) fait partie de ces écrivains qu’on ne présente plus. Il est entre autres l’auteur du Mythe de Cthulhu et est, avec Edgar Allan Poe, un des auteurs de récits d’horreur les plus influents du XXème siècle. De son côté, Alberto Breccia (1919-1993) est un auteur de bande dessinée argentin, principalement connu pour ses œuvres de science-fiction, biographies et comic strips (il fonda avec Hugo Pratt l’Ecole Panaméricaine d’Art de Buenos Aires).

En 1979, il publie Les Mythes de Cthulhu, adaptée des textes de Lovecraft (adaptation en collaboration avec Norberto Buscaglia). Cette bande dessinée reprend quelques nouvelles de l’auteur du Mythe, tirées de différents recueils (La Couleur tombée du ciel, Je suis d’ailleurs, etc.) et mises en images par Breccia. Avec cette BD, Breccia pourrait presque être appelé, non pas dessinateur, mais peintre de bande dessinée, tellement ses images sont de l’ordre de la création plastique, mêlant collage, peinture, traits de crayon, de pinceau… Tantôt du côté du dessin académique (portraits réalistes, un trait fin et soigné), tantôt dans l’informe (avec des coulures de peinture, d’encre de chine, des collages asymétriques…), Breccia s’accorde parfaitement aux récits d’horreur de Lovecraft qui, lui-même, nous fait passer d’un monde où règne la folie, à un monde de cauchemar où vivent des créatures issues de la peur des hommes…

Les adorateurs lovecraftiens ne seront pas déçus par cette bande dessinée car on y retrouve toute l’horreur invisible décrite par Lovecraft dans ses nouvelles. Le texte se mêle directement aux dessins, tel un roman illustré, et l’adaptation qui en a été faite reste fidèle aux textes originaux (certains passages ont été condensés, voire retirés, mais sont entièrement résumés dans les images). Si vous ne connaissez pas Lovecraft, la bande dessinée de Breccia est l’occasion de découvrir ce monde terrifiant, qui aura inspiré des auteurs comme Stephen King, Alan Moore, ou encore Clive Barker.
A. M.

Edelweiss (Cédric Mayen)

note: 4Quand l'amour fait gravir les montagnes Les bibliothécaires - 18 avril 2018

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Olympe, jeune femme issue de la bourgeoisie française, est déterminée à se montrer digne de son héritage familial : son aïeule, Henriette d’Angeville, a été la première femme à gravir le Mont-Blanc. Indépendante, persévérante et passionnée d’alpinisme depuis toujours, Olympe se destine à reproduire le même exploit.
Lors d’une fête de village, elle rencontre Edmond, un jeune ouvrier. Au mépris des conventions de leur temps, les deux jeunes gens décident de passer leur vie ensemble, pour le meilleur comme pour le pire. Et de gravir toutes les montagnes côte à côte.

Cédric Mayen nous livre ici une belle histoire d’amour, parfois alourdie par les événements plus tragiques les uns que les autres qui touchent le couple. Ce sont cependant dans ces épreuves que les deux personnages réaffirment à chaque fois leur confiance indéfectible en l’avenir.
Côté couleurs, la palette rétro de Lucy Mazel se répartit de façon harmonieuse et constante pour souligner le contraste entre le caractère inébranlable d’Olympe et le dévouement inconditionnel d’Edmond. Le dessin, quant à lui, est soigné et dynamique, et achève d’illustrer un récit qui joue sur les drames d’un quotidien qui accompagne l’évolution des mentalités et des modes de vie de l’après-guerre.
Vv

En cuisine avec Kafka (Tom Gauld)

note: 5: Vous aimez la littérature ? Les vaisseaux spatiaux ? Les dinosaures et les chevaliers ? Non ? Ah. Les bibliothécaires - 28 mars 2018

En cuisine avec Kafka, c’est la suite de Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, de Tom Gauld, et c’est toujours aussi barré !
Si vous ne connaissez pas Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, on ne peut que trop vous conseiller de foncer vers le mur le plus proche sans vous arrêter. Bon, on ne vous en veut pas (trop) et, devinez quoi, ça tombe bien, on a les deux volumes. Donc ensuite relevez-vous, et allez découvrir ces génialissimes cartoons de Tom Gauld.

À l’origine publiés dans le Guardian (pour certains dans le New York et le New York Times), les strips de Gauld sont, et ce n’est pas peu de le dire, emprunts d’un humour (très anglais) complètement absurde, avec une certaine pointe d’élégance (bien anglaise) et de culture (peut-être anglaise). Si vous aimez des auteurs comme Quino (Mafalda) ou Geluck (le Chat), ces strips sont faits pour vous . Gauld se joue avec un amour non dissimulé de la littérature, de la fantasy, de la science-fiction, des classiques, du cinéma, des auteurs, du monde de l’édition, des bibliothécaires (mais ça, ce n’est pas drôle), de la société… Et il y a toujours une critique véhiculée derrière chaque blague… ou presque. Et nous on adore.

Des histoires courtes, un dessin minimaliste et un humour complètement absurde, irrévérencieux et surtout… très anglais. À découvrir, surtout si vous n’êtes pas « un excellent homme nommé Dutilleul qui possèd[e] le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé » (et vous pouvez commencer aussi bien par Vous êtes tous jaloux de mon jetpack que par En cuisine avec Kafka, qui est encore mieux !).
A. M.

Le photographe de Mauthausen (Salva Rubio)

note: 4Photographier l'enfer Les bibliothécaires - 10 mars 2018

En 1946, Francisco Boix, photographe espagnol, membre du parti communiste et survivant du camp de concentration de Mauthausen, témoigne au procès de Nuremberg. Des photos prises puis cachées dans le camp lors de son emprisonnement lui permettent d’identifier et de faire condamner des officiers nazis.

Ce roman graphique est un hommage rendu par Salva Rubio et Pedro J. Colombo à un de ces oubliés de la Seconde Guerre mondiale au parcours hors du commun : issu d’une famille sympathisante de gauche, Francisco Boix fuit l’Espagne après la prise du pouvoir par Franco. Il rejoint alors les forces armées françaises et est capturé en 1940 par le Troisième Reich. Son passé républicain puis son engagement communiste en font immédiatement un double prisonnier politique envoyé en sûreté au camp « de travail » de Mauthausen, en Autriche : un enfer dont Boix s’efforcera de conserver les traces tout au long de sa captivité.

Ancien photographe de profession, il est en effet affecté au service d’identification du camp où il développe les photos des exécutions prises par un officier SS particulièrement fasciné par la mort, et qu’il sera parfois contraint d’assister dans l’immortalisation des scènes macabres. Il fait alors plusieurs copies des pellicules qu’il dissimule un peu partout dans le camp, et parviendra même à en faire sortir quelques-unes.

Enrichi d’un remarquable dossier avec quelques-unes de ces fameuses photos à l’appui (âmes sensibles s’abstenir), ce roman graphique témoigne des tentatives du photographe de mettre des images sur l’indicible et la barbarie.
Il lève également le voile sur le statut difficile de ces survivants espagnols qui, à la fin de la guerre, ne trouvent plus leur place : communistes pour une grande majorité d’entre eux, il leur est impossible de retourner en Espagne où Franco les attend de pied ferme. Et parce qu’ils ont survécu à l’enfer, ils suscitent la méfiance dans les pays alliés et sont considérés comme des collaborateurs par l’Union Soviétique.
Le photographe de Mauthausen interroge donc l’engagement, qu’il soit politique ou artistique, ainsi que ses limites, dans l’élaboration de ce difficile travail de mémoire.
Un roman graphique extrêmement fort.
Vv

S'unir c'est se mélanger (Laurent Cardon)

note: 4Unissons-nous Les bibliothécaires - 10 mars 2018

Branle-bas de combat au poulailler, une poule a disparu. comment s'organiser pour la retrouver et qui doit décider ?
Démocratie, différence, égalité, liberté individuelle sont les thèmes abordés avec humour dans cet album. Sans oublier la chute qui nous a bien fait rire!

Your lie in april n° 1 (Naoshi Arakawa)

note: 4Une lecture qui donne une furieuse envie de se mettre à la musique ! Les bibliothécaires - 20 février 2018

Quand Arima Kōsei était petit, il était considéré comme un enfant pianiste prodige. Mais depuis la mort de sa mère, il ne peut plus entendre le son du piano. Quelques années plus tard, il rencontre une violoniste nommée Kaori Miyazono qui va le forcer à participer à plusieurs compétitions de piano, lui faisant redécouvrir le monde musical.

Nous sommes face à une curiosité : un manga sur la musique. Certains d’entre vous sont sûrement déjà en train de hausser les sourcils et pourtant, malgré l’absence totale d’ambiance musicale (manga oblige… Après, libre à vous de vous préparer votre playlist au préalable pour une immersion optimale !), Your lie in april arrive à nous retransmettre les émotions ressenties par nos jeunes artistes !
Et c’est une jolie prouesse car très vite, nous allons nous rendre compte que le véritable intérêt de cette série, n’est PAS la musique en elle-même, mais plutôt tout ce qui en découle : ainsi le lecteur aura très vite fait, d’angoisser avant chaque représentation, se sentir impuissant et désemparé devant les échecs de nos héros ou bien sourire bêtement devant un moment calme et joyeux.

Ce shôjo réussit à captiver son lecteur en à peine un claquement de doigt (qu’il soit une fille ou un garçon d’ailleurs !) et ses rebondissements bien que parfois un peu classiques sont nombreux et nous font apprécier d’autant plus, les petits moments où « tout va bien ». Bouclez donc vos ceintures et préparez-vous à de nombreux ascenseurs émotionnels !

Enfin pour finir, cette série laissera une petite trace dans votre cœur, et fort est à parier qu’une fois terminé, vous aurez vous aussi une furieuse envie de vous mettre à jouer d’un instrument ! (Envie qui retombe relativement vite, rassurez-vous.)
T. V.

Une soeur (Bastien Vivès)

note: 4Une fille ? Je ne connais pas ce Pokémon... Les bibliothécaires - 20 février 2018

Antoine, 13 ans, passe des vacances en bord de mer, avec sa mère, son père et son petit frère Titi. Son quotidien sans histoire va être bouleversé par l’arrivée d’Hélène, 16 ans, une amie de la famille…

Bastien Vivès nous livre ici l’histoire d’un premier amour pleine d’émotion, et nous transporte par un dessin fin, épuré et très poétique. Une fois commencée, les pages de la bande dessinée se tournent d’elles-mêmes, jusqu’aux dernières cases où, comme les personnages, on regrette que ce soit si vite terminé.

On pourra toutefois regretter quelques scènes un peu trop explicites, amenées et puis stoppées de manière assez abrupte (un peu comme si l’auteur s’était dit « ça y est, ça c’est fait, on passe à autre chose… »).

Une bande dessinée très poétique et forte en émotion donc, destinée plutôt à un public averti.
A. M.

Les mille et une vies des urgences (Dominique Mermoux)

note: 4Alors voilà. Les bibliothécaires - 1 février 2018

« Je vais parler. Parler jusqu’à ce que les avions décollent, jusqu’à ce que son fils revienne. La patiente m’écoutera. Tant qu’elle écoute, elle est en vie. »

Dans le service de cancérologie d’un hôpital, une femme en phase terminale attend impatiemment le retour de son fils, retenu en Islande par un volcan capricieux. Pour la divertir, Baptiste, jeune interne affecté aux urgences, lui tient chaque jour compagnie et partage avec elle des anecdotes de son quotidien débordé.
Étonnantes, cocasses ou émouvantes, ces petites histoires donnent un aperçu du rythme effréné des urgences, par lesquelles passent des milliers de vie chaque année. Le quotidien du personnel médical y oscille entre la routine des consultations et des soins quotidiens, jusqu’aux interventions médicales plus conséquentes, du déplacement sur les lieux d’une défenestration à l’amputation d’un accidenté de la route.

Adapté de l’ouvrage Alors voilà. Les 1001 vies des urgences de Baptiste Beaulieu, recueil d’anecdotes elles-mêmes tirées du blog de l’auteur, cette bande dessinée dépeint avec beaucoup de sensibilité et ce qu’il faut d’humour et d’autodérision un quotidien éprouvant, celui du personnel soignant comme des personnes qui y sont soignées …
Mieux encore, elle détricote au fil des pages les tensions qui peuvent exister entre eux, issues d’une méconnaissance du service et de l’incompréhension que peuvent parfois provoquer les maux complexes de chaque être humain.

Dans l’objectif d’enfin réconcilier personnel médical et patients, Baptiste Beaulieu et Dominique Mermoux nous montrent que, oui, dans la vie, il y a la violence et la solitude, il y a la maladie et la mort. Mais cela ne va pas sans l’empathie, la compassion, le courage, l’humanité enfin, une humanité bouillonnante de vie et de volonté de vivre.
On referme le livre, confiant, en se disant que, finalement, elle s’en sort peut-être pas si mal que ça, l’humanité…
Vv

40 éléphants n° 1
Florrie, doigts de fée (Kid Toussaint)

note: 4Le crime est notre affaire Les bibliothécaires - 17 janvier 2018

Londres, 1920. À la fin de la Première Guerre mondiale, Florrie, jeune pickpocket aux doigts de fée, est repérée par Esther, modeste mère de famille qui l’enrôle bientôt au service des Quarante Éléphants, un gang localisé dans le quartier populaire d’Elephant & Castle… et composé exclusivement de femmes.

Car si ces dernières ont remplacé les hommes dans la vie civile au cours de la guerre, certaines d’entre elles se sont également approprié les milieux mafieux de la capitale britannique. Voleuses, tueuses, empoisonneuses, proxénètes ou encore escrocs, ces dames entendent bien conserver des prérogatives durement acquises et que revendiquent à présent leurs collègues masculins à la fin de la guerre. D’autant que l’arrivée d’une nouvelle recrue au sein du clan suscite bien des soupçons et des divisions : le gang est en effet rapidement ciblé par la police et certains de ses membres, arrêtés…

Si les personnages et leurs aventures sont issus de l’imagination du scénariste, cette nouvelle série de Kid Toussaint s’inspire du réel et tristement célèbre gang des « Forty Elephants ». Pendant féminin des quarante voleurs dans l’Angleterre du XXème siècle, ces femmes ont régné sur les bas-fonds londoniens pendant près d’un siècle. Menées par leur propre reine, elles imposaient des tributs dont les autres gangs devaient s’acquitter et furent les auteures de razzias monumentales qui laissèrent la police longtemps démunie.

Le propos de la bande dessinée est, quant à lui, d’une redoutable efficacité : les rebondissements s’enchaînent sans laisser au lecteur le temps de reprendre son souffle et la large variété de ces gangsters pas comme les autres achève d’alimenter une intrigue qui se termine sur un cliffhanger…Aux vues du grand nombre de personnages, on espère seulement que Kid Toussaint trouvera le temps et la place de donner à chacun de ces Elephants toute leur profondeur…
Suite au prochain volume qui conclura ce premier cycle narratif.
Vv

La lumière allumée (Richard Marnier)

note: 5Un album sur l'anticonformisme et la tolérance Les bibliothécaires - 3 janvier 2018

Voici ma ville, une ville sans surprise et sans histoire.
Dans mon quartier,
chaque maison a une porte,
deux fenêtres et un toit rouge bien régulier…

Cet album sur l'anticonformisme et la tolérance a pour cadre une ville calme, sans surprise, où toutes les maisons sont identiques. Un jour, un habitant se construit une demeure avec tout ce qu'il a ramené de ses voyages. S'il provoque le scandale au début, les voisins s'y font et tous, petit à petit, l'imitent en décorant leur maison au gré de leur fantaisie.

Le premier homme (Jacques Ferrandez)

note: 5Une superbe adaptation d’une œuvre encore trop méconnue… Les bibliothécaires - 21 décembre 2017

Le manuscrit du roman "Le premier homme", a été retrouvé dans la voiture qui, le 4 janvier 1960, percuta un platane, tuant Albert Camus sur le coup. A ses côtés, 144 pages rangées dans une sacoche en cuir. L’œuvre sera publiée plus de 30 ans après, en 1994.

C’est à partir du texte du roman, mais aussi des brouillons d'Albert Camus et de ses petites notes prises sur des enveloppes, des tickets de métro que Jacques Ferrandez accomplit ici un véritable exercice de reconstitution. Toute cette matière lui a servi, non pas à remplir des blancs, mais à adapter, avec merveille, une fois encore, cette œuvre inachevée pour laquelle Albert Camus avait de grandes ambitions, un peu comme son "Guerre et paix", une trilogie basée sur l'amour et la fraternité.

Grâce à son travail, Jacques Ferrandez présente une version dessinée ultra-respectueuse de l’œuvre de l’écrivain qui est autant historique, idéologique, qu’autobiographique.
On y retrouve la lumière et les magnifiques paysages méditerranéens qu'il sait si bien peindre. Le dessinateur nous plonge dans l'enfance de Jacques Cormery (A. Camus lui-même) en Algérie, en nous décrivant, à la fois, la relation si particulière qu’il entretenait avec son instituteur qui lui offrit la possibilité d'étudier, et nous montre également comment il s’est construit.
A travers l'histoire familiale du personnage, l’auteur nous livre aussi l’histoire de ces Européens venus bâtir une nouvelle vie en Algérie, restituant la dureté de leurs vies, leur quotidien, puis les tensions des années 50 liées à la décolonisation.

Commencée avec ses "Cahiers d'Orient", poursuivie avec l'adaptation de "L'hôte", puis celle de "L'étranger" et maintenant avec "Le premier homme", Jacques Ferrandez continue à apporter un éclairage saisissant, à la fois, sur l'histoire qui lie la France à l'Algérie, mais aussi sur l'œuvre d'Albert Camus.
Une lecture qui ne laissera personne de marbre…
F. D.

Bonjour Père Noël (Michaël Escoffier)

note: 5Un album drôle! Les bibliothécaires - 9 décembre 2017

Dans cet album on aborde avec humour la question du partage et du bonheur que
procure le plaisir d'offrir, le Père Noël va au grès de ses visites se faire déposséder mais
pas d'inquiétude les jouets sont sains et saufs.

Le père Noël des escargots (Pierre Crooks)

note: 5En attendant Noël Les bibliothécaires - 9 décembre 2017

Un conte qui fait le lien entre les
Noëls d’année en année, en égrenant les rencontres selon les saisons. Les illustrations colorées et au scotch apportent
un angle nouveau et moderne dans un univers si traditionnel.

La playlist des philosophes (Marianne Chailland)

note: 5Philosopher en chanson Les bibliothécaires - 9 décembre 2017

La Playlist des philosophes fait le pari audacieux d’expliquer les grands concepts philosophiques à partir de chansons de variétés.
Plus besoin pour les futurs bacheliers de lâcher leurs écouteurs pour réfléchir et réviser leurs cours. En effet, qui aurait pu penser que l’on puisse aborder la philosophie platonicienne grâce à Stromae ou bien encore comprendre la philosophie nietzschéenne en écoutant Mika ! Dans la chanson de Mika : « Elle me dit » c’est la mère qui incarne ce que Nietzsche a appelé- l’homme du ressentiment -
L’auteur ( professeur de philosophie) est lucide et imagine volontiers que sa démarche sera dénoncée par les puristes et elle dénonce avec ironie : « Aimer la chanson de variétés semble bel et bien constituer un signe extérieur d’affliction culturelle » (cf. préface du livre). Gageons que cet essai ne laissera aucun lecteur indifférent et qu’il a bien sa place dans les rayons d’une bibliothèque!

Les petites victoires (Yvon Roy)

note: 4Lumineux et touchant Les bibliothécaires - 8 décembre 2017

Dessinateur de bandes dessinées au Canada, Yvon Roy livre avec Les petites victoires une œuvre en partie autobiographique puisqu’il s’inspire de son vécu pour évoquer dans cette BD le sujet de l’autisme. Il partage plus particulièrement son expérience en tant que parent d’un enfant autiste dans le quotidien de Marc et Chloé, jeunes parents d’un petit garçon chez lequel se manifestera le handicap dès le plus jeune âge.

On suit le quotidien d’Olivier de sa naissance jusqu’à ses huit ans, et notamment son éducation par des parents qui s’efforcent de s’adapter à son handicap. Il s’agit donc moins d’une bande dessinée sur l’autisme en tant que telle que sur la façon dont les parents, et notamment le père, alter ego de l’auteur, opère un véritable travail sur soi afin d’accepter la différence de son fils et l’aider à surmonter son handicap et son isolement.

Aucun pathos cependant dans ce récit optimiste et lumineux, servi par un dessin sobre et parfois même quelques notes humoristiques. Le propos reste cependant touchant et encourageant, le père déployant des trésors de patience, d’autant qu’il est constamment soutenu par ses proches et notamment par la mère de son enfant et ce, même après leur séparation. A voir ici un très beau portrait de l’amour parental, solidaire, inconditionnel.

Mais le plus intéressant est l’approche adoptée par le père d’Olivier qui, craignant que les méthodes de prise en charge préconisées par les médecins risquent de conforter son fils dans son isolement, décide d’aller à leur encontre dans des petits jeux ingénieux afin d’habituer le petit garçon à la réalité et à ses changements. Un travail qui se fait à petits pas, à coups de persévérance et de petites victoires qui permettent à Olivier de s’épanouir, mais surtout établit une réelle complicité entre l’enfant et le père et facilite leur communication, et celle d’Olivier avec le monde qui l’entoure.

L’auteur témoigne ainsi d’une approche différente de l’autisme, qui ne vise en aucun cas à décrier les méthodes des spécialistes mais insiste sur la nécessité de s’adapter aux particularités de l’enfant, d’apprendre à le connaître. Avec, à la clé, des résultats souvent inattendus mais toujours encourageants.

Une BD qui traite donc d’un sujet difficile de façon positive, suscite à la fois de l’espoir et permet une sensibilisation à cet handicap encore mal connu du monde médical.
Vv